Spleen ( Charles Baudelaire )

Pour les lundis-poésie des  » Croqueurs de mots. »

 

Spleen – les Fleurs du Mal –

 

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,

Et que de l’horizon embrassant tout le cercle

Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

 

Quand la terre est changée en un cachot humide,

Où l’espérance, comme une chauve-souris,

S’en va battant les murs de son aile timide

Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

 

Quand la pluie étalant ses immenses traînées

D’une vaste prison imite les barreaux,

Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées

Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

 

Des cloches tout à coup sautent avec furie

Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,

Ainsi que des esprits errants et sans patrie

Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

 

-Et de longs corbillards,sans tambours ni musique,

Défilent lentement dans mon âme; l’Espoir,

Vaincu, pleure,et l’Angoisse atroce,despotique,

Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

 

Charles Baudelaire. 

 

6 réflexions au sujet de « Spleen ( Charles Baudelaire ) »

  1. Baudelaire, non que je n’apprécie pas sa poésie mais je la trouve si sombre par moment voire tout le temps 😉 Merci Denise pour ton partage!!!
    Bisous et douce nuit.
    Domi.

  2. Bonjour Denise,

    Les premières lignes font penser à la chanson de Jacques Brel qui évoque « Le Plat Pays »…

    Baudelaire a l’art de la métaphore, mais pas spécialement gaie il faut le reconnaître. Ceci étant, « Le spleen » est pour le coup bien exprimé !

    Merci pour ce « rappel » et ce partage.

    A bientôt,
    Cathy.

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