Archive | septembre 2014

Le bel aujourd’hui

Le bel aujourd’hui

 

Le bel aujourd’hui s’est emparé de l’azur
Avec l’audace qui évince les nuées
Et suspend dirait-on la vie éberluée
Devant ce manège pareil à l’enclosure

Alors les oiseaux en tendre demi-mesure
Secouent l’audacieux de leurs chants enjoués
Et puis les cigales de leurs cris stridulés
le déchiquettent en font de la dentelure

Sa virginité brisée il reste pourtant
Ce vivace jour d’hui ô combien insouciant
Lui qui méconnaît les gageures de la vie

Il n’est que le présent dont il jouit ardemment
Et n’a pour la kyrielle des jours que mépris
Il reviendra demain en Phénix triomphant

 

Denise Doderisse

 

Helmut.

Pour les prénoms du Mercredi de la communauté « la cour de récré » de  Jill Bill

 

Ho! hisse et ho !

Et les mots se dérobent

Las de voyager dans les

Méandres de mon cerveau

Urcéolé et labyrinthique

Tant pis (tant mieux ?) pour Helmut ! 

 

Denise Doderisse

il n’y a plus rien entre mes dix doigts

Il n’y a plus rien entre mes dix doigts 
 

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Il n’y a plus rien entre mes dix doigts
Les chants de printemps heureux et troublants
Se sont égrenés sans faire de bruit
Le silence seul par sa mélodie
Douce et infinie ravive les traces
D’un tendre passé longtemps oublié
 
 
Il n’y a plus rien entre mes dix doigts
Mais quand le passé se prend à rêver
Le long de mes doigts glissent les couleurs
D’un rare arc-en-ciel clair et lumineux
Fourmillant d’empreintes  en mémoire vives
Éclairant la vie et le quotidien
 
 
Alors le jour où entre mes dix doigts
Présent et passé ne glisseront plus
Et que le futur vite s’estompera
Ce sera le signe du dernier départ.
 
 
Denise Doderisse

Amour perdu.

 

Amour perdu

 

En ce mois d’éclosion
où tout parle de joie
où les roses explosent
et se parent de soie
Seule mélancolie
règne en mon cœur meurtri

 

En ce mois des moissons
où notes rondes jaunes
chantent à l’unisson
sur la portée des champs
Seuls les amers regrets
cernent mon cœur meurtri

 

En ce mois de couleurs
riches et mordorées
où les feuilles badines
et folles fuient les arbres
Seuls les barreaux de mon amour
mettent mon cœur en cage

 

En ce mois de froidure
où la neige emprisonne
sans réserve Nature
et la revêt de blanc
mon amour comme la neige
enveloppe mon cœur

 

Denise Doderisse

Silence.

Pour la communauté des  « Croqueurs de mots », le jeudi en poésie.

 

Silence

 

Il n’y a rien sous le ciel, ô silence,

Rien que silence et signe blanc 

Et flèche de l’ indifférence

Sous la rose des quatre vents.

 

Rien qu’une flèche sous la rose 

Aux pétales d’éternité,

Rien que le vent qui décompose

Les roses des éternités

 

Louise de Vilmorin ( Solitude, ô mon éléphant, 1972 )

Couleurs d’un monde rêvé.

Pour la communauté des « Croqueurs de mots » dont la barre 130 est tenue par Lenaïg qui propose l’évasion comme défi.

 

Couleurs d’un monde rêvé

 

Je rêve de m’évader dans un monde que les nuances de bleu envahiraient.

Sur ces tons de paix se joueraient les aurores boréales nuancées de vert, de mauve et les aurores orange vif. C’est alors que le soleil encore rosé se lèverait à l’horizon, teintant les nuages d’iridescences aux mille tons pastel.

Et le temps s’écoulerait sans façon en empruntant la lumière à l’écume des vagues sous le soleil d’un amour jaune étincelant. Le vert pâle, le vert tendre des feuillages se mêlerait à la danse du vert émeraude des vagues, vert porteur d’espoir.
Et le temps s’écoulerait sans façon tout en suivant du coin de son œil narquois bleu-marine le soleil déclinant prêt à offrir ses crépuscules orangés. Peu à peu, se dessineraient les longs traits bruns des arbres barrant l’horizon tandis qu’un cercle rouge profond s’engloutirait avec le soleil.

Et venu le noir de la nuit des grands espaces, je m’allongerais sur un hamac de toile bleu indigo et j’écouterais chanter la lueur argentée des étoiles.

 

Denise Doderisse