Archive | octobre 2014

De la justice ( cinquain )

 

 

On soliloque, on organise des colloques
Sur la Justice ventriloque de l’époque.
France-d’en-bas noircie
France-d’en-haut blanchie.
Les Jugements de Cour cloquent et pendeloquent

 

Denise Doderisse

Instantanés

 

 

Une rose épanouie

dentelle une lisière

sur l’azur vibrant du ciel

et isole la terre noirâtre

prodigue en souffrances

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Le bonheur

ne s’écrit pas

ne se murmure pas

Il s’écrira en longs sanglots

se dira à pleine voix

quand il aura fui

là-bas 

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Éclats de soleil couchant

amarrés à la terre par

de longues chaînes

soumises

au zéphyr du soir 

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Un jour peut-être

tu reviendras

par un clair matin d’automne

Alors

d’un joyeux rire

je soufflerai la

poussière

de l’été trop long

sans toi

 

 

Denise Doderisse

 

Apparition.

Pour la communauté des  « Croqueurs de mots », le jeudi en poésie. 

 

Apparition

 

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs

Rêvant, l’archet aux doigts dans le calme des fleurs

Vaporeuses, tiraient de mouvantes violes

De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.

– C’était le jour béni de ton premier baiser.

Ma songerie aimant à me martyriser

S’enivrait savamment du parfum de tristesse

Que même sans regret et sans déboire laisse

La cueillaison d’un Rêve au cœur qui l’a cueilli.

J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli

Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue

Et dans le soir, tu m’es en riant apparue

Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté

Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté

Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées

Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

 

Stéphane Mallarmé ( 1842-1898 )