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« Qui s’y frotte s’y pique « 

Qui s’y frotte s’y pique 

Un bourdon gros et rond,
à l’esprit
vagabond,
se posa sur un hérisson
comme sur un molleton,
s’en prit plein le bidon,
en fit un roman-feuilleton
qu’il ânonna sur tous les tons :
 » Je ne suis pas en béton, jarnicoton ! « 
 » Eh ! bouffon, répond le hérisson,
Moi, j’suis pas un édredon,
ni même un paillasson !
Joue plutôt à saute-hérisson
t’auras moins mal au bedon ! »

Le bourdon furibond ne fit qu’un bond,
et ce godichon ronchon,
qui confondait hérisson et boule de son,
ayant oublié la leçon,
se posa à califourchon
sur un chardon céladon !

Regardons pour de bon
l’endroit où nous nous posons
et retenons des Lorrains ce refrain bucolique :
 » Qui s’y frotte s’y pique. « 

 

Denise Doderisse

 

Le lapin et le perroquet.

Le lapin et le perroquet

 

Un lapin vivait en compagnie complice

d’une petite Amaryllis.

Tous les jours des agapes

que n’aurait, cependant, désavoué Esculape !

Or, il advint qu’Amaryllis, de nature accueillante,

voulut se faire la main, qu’elle avait caressante,

avec un perroquet harmonieusement coloré,

de fait tout le jour attaché par un fil

à un perchoir fragile.

Cet état de prisonnier, bien qu’il fût doré,

déplaisait fort à l’oiseau bavard et primesautier.

Quant au lapin, il se faisait silencieux.

Son vocable parcimonieux

n’engageait guère l’oiseau à réseauter

ou à créer un chœur où tous deux auraient, avec délices,

loué les merveilles d’Amaryllis.

En cordée, ils auraient pu franchir

les obstacles montueux, et c’est peu dire,

qui entravaient leur rapprochement.

Le lapin demeura muet, le perroquet parlant

sans cesse, avecune exaltation

qui confinait à la déraison.

Amaryllis en fut affectée.

 

Que dire, que faire,

devant deux natures si contraires ?

Amaryllis, peut-être le découvrira

et, une prochaine fois, le racontera !

 

Denise Doderisse 

 

 

 

 

Bon  » conseil aux amants  » d’aujourd’hui….

Etant donné la forme d’esprit de la société actuelle, Victor Hugo a été ma muse pour cette   » fable » !

 

 


 

Un gai lutin pêcheur, né en Poméranie,

était amoureux d’une sirène épanouie.

L’envie d’apercevoir cette tendre beauté,

dans l’eau bleutée dont elle aimait tant se parer,

ne fit que croître, enfler et se développer.

Un jour d’été, le lutin met sa veste dorée,

se présente à l’huis clos de sa reine – sirène.

L’attente étant fort longue, il sortit à grand’peine

ses instruments de pêche et lança ses filets

d’un ample geste – pas celui d’un freluquet !

Or la sirène avait une seule fillette 

qui plongeait, sous les eaux faisait des galipettes.

Sa mère étant sortie, elle glanait des galets, 

– colliers du fond du lac…Mais soudain le filet

l’habilla ! Vivement le lutin le hissa,

le releva avec réelle maestria,

le cœur plein d’espoir de voir – c’était une aubaine –

la reine de ses nuits, sa sirène hautaine. 

Il n’en vit que le délicieux fruit frétillant

Mais… point abouti… et qui navrait ses tympans.

Quand la sirène se manifesta : Horreur !

Plus d’enfant ! Elle avisa le petit pêcheur,

son filet sous le bras :  » Votre sacrée gamine… »

mais il n’eut pas le temps de terminer  sa ligne

car la mère annonça sans circonlocutions :

 » Sirènophile abject ! Dévoreur d’embryons ! « 

l’assomma de grands coups de queue fort élégants

puis ouvrit le filet et reprit son enfant.

 

Il n’est pas très malin en ces temps non bénis

De s’occuper par trop du rejeton d’autrui.

 

 

Denise Doderisse

 

 

 

 

 

De l’intolérance…chez les animaux !!!

 

 

 

 

Une musaraigne intrépide

et un lapin gris impavide

par un délicieux jour d’été,

à l’ombre d’un vieux prunier,

firent connaissance

en toute innocence.    

Sur un chemin cahoteux,

ils allèrent d’un pas tranquille et paresseux,

heureux et très indifférents

au regard du monde vivant.

Ainsi le temps s’écoulait 

et leur bien-être grandissait.

Et puis, et puis, le temps posa sur leur bonheur

un oeil cruel et inquisiteur.

Et puis des pattes suspicieuses 

dénoncèrent cette paire audacieuse

qui invalidait tout état de nature

et confirmait une brisure.

Alors, peu à peu, se sont faits plus forts les envieux,

les aigris, les malveillants, les pervers, les venimeux,

ceux gonflés de certitudes, de dogmes, d’évidences,

ceux parlant de délinquance avec grandiloquence,

oublieux de la tendresse que pouvaient connaître

ces deux animaux que la nature avait fait naître

tellement différents,

avec, selon la loi, un comportement si aberrant !

Un tel déferlement de haine les engloutit tous deux.

Ils se dirent adieu.   

 

 

Dame Nature pourtant se trompe parfois

mais nul n’est censé ignorer ses lois !!!

 

 

Denise Doderisse

Le chat et la grenouille.

 

 

Un chat vêtu d’élégance noire

s’était allongé, un soir,

sur les bords d’une mare

fleurie de roses nénuphars.

Il se délectait de cette fraîcheur riante

et savourait en silence cette heure apaisante.

Il s’étirait de plaisir et prenait plus que sa place,

illustrant ainsi qu’il n’avait nulle angoisse.

Cette jouissance fut brutalement interrompue

par le saut d’une grenouille menue

dont l’habit vert s’enlaçait à la couleur ambiante,

bond suivi d’une étrange vibration traumatisante

à son oreille de Raminagrobis.

Cependant la grenouille, ignorant qu’elle portait préjudice,

s’en donnait à coeur joie,

n’ayant nul besoin d’un porte-voix,

heureuse de ce moment furtif 

où elle pouvait enfin exprimer son imaginatif,

sans craindre qu’on vînt la tourmenter

ni qu’on lui cherchât embrouille.

Le chat, fin gourmet, n’appréciait pas vraiment les grenouilles.

Pour un repas nocturne,

il eût préféré une souris taciturne.

Mais ces sons pour lui discordants

ne pouvaient lui percer les oreilles plus longtemps.

Il ne supputa pas ses chances et d’un bond,

pour se défaire de ce trublion,

il sauta sur la feuille de nénuphar

avec la prestance d’un jaguar !

 

Il en fut pour une trempette

car la grenouille divette

et surtout bien plus preste

s’en alla au loin

chanter son joyeux refrain

 

Denise Doderisse

Fable sur une rencontre… inattendue…

LE MOUCHOIR ET L’ÉLÉPHANT

 

 

 

Un éléphant sur le sentier

posa son pied sur un mouchoir

ruisselant de blanc, son gros pied

en forme de disque, un mouroir

pour le blanc mouchoir immolé.

 

Tout à coup, l’éléphant leva

le pied. Alors le mouchoir

fit la roue et vite se dégagea

du pied de l’éléphant, coupoir

fait pour le crever. Il râla :

 

 » Aââh ! »de soulagement,

se déployant avec bravoure

devant ce balourd très pesant.

 » Et sur ce tréteau alentour,

pose donc le pied doucement.

 

Ainsi tu apprendras à faire

le pitre et alors tu pourras

dans un cirque, être populaire.

Jamais plus tu n’écraseras

Sans plus d’égard un pauvre hère.

 

Car il te sera difficile

De te soustraire à l’esclavage !

Condamné à faire l’imbécile

Tu oublieras cet avantage

De la puissance non servile. »

 

 

 

Denise Doderisse

Une fable baroque…

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LE MOUCHOIR ET L’ÉLÉPHANT

 

 

 

Un éléphant sur le sentier

posa son pied sur un mouchoir

ruisselant de blanc, son gros pied

en forme de disque, un mouroir

pour le blanc mouchoir immolé.

 

Tout à coup, l’éléphant leva

le pied. Alors le mouchoir

fit la roue et vite se dégagea

du pied de l’éléphant, coupoir

fait pour le crever. Il râla :

 

Aââh ! de soulagement,

se déployant avec bravoure

devant ce balourd très pesant.

Et sur ce tréteau alentour,

pose donc le pied doucement.

 

Ainsi tu apprendras à faire

le pitre et alors tu pourras

dans un cirque, être populaire.

Jamais plus tu n’écraseras

Sans plus d’égard un pauvre hère.

 

Car il te sera difficile

De te soustraire à l’esclavage !

Condamné à faire l’imbécile

Tu oublieras cet avantage

De la puissance non servile.

 

 

 

Denise Doderisse

Le boeuf et la grenouille : version XXIème siècle


 

 

 

LE BŒUF ET LA GRENOUILLE.

 

 

Un bœuf se lamentait

d’être si peu discret.

De loin on le remarquait,

au profond d’un coin secret.

Et le pauvre bœuf pleurait

de se voir aussi grassouillet.

Ses bourrelets lui ôtaient,

de la vie, tout intérêt.

La grenouille, dans l’herbe cachée,

se surprit à s’interroger.

Elle qui voulait lui ressembler

Ne s’était-elle pas trompée ?

– Ma sœur, puis-je me louer de ma minceur ?

– Certes, vous avez taille fine

et c’est un vrai bonheur

de voir vos bonds gracieux : vous êtes divine.

– Selon Monsieur de La Fontaine,

qui me dit ambitieuse,

j’aurais souhaité formes pleines

et oublié d’être gracieuse.

– Regardez donc cette grosse bête

qui ne cesse de ruminer !

Il n’est certes pas à la fête :

il va finir chez le boucher !

De plus, il est d’un autre âge :

pas de repas équilibrés !

Il se contente de pâturage

et grignote toute la journée !!

Mais si je puis me permettre :

dites au bœuf en désarroi,

qu’il est beau avec l’air champêtre,

qu’il est bon de faire le poids.

Et tous deux soyez sages !

Nature vous a modelés ainsi…

A chacun son équipage :

Vivez-en le meilleur profit.

 

 

Denise Doderisse

Le lapin et le perroquet : une autre fable.

Un beau parleur et un muet : peuvent-ils finir par s’entendre ?!!!

    

 

 

 

LE LAPIN ET LE PERROQUET

 

 

Un lapin vivait en compagnie complice

d’une petite Amaryllis.

Tous les jours des agapes

que n’aurait, cependant, désavoué Esculape !

Or, il advint qu’Amaryllis, de nature accueillante,

voulut se faire la main, qu’elle avait caressante,

avec un perroquet harmonieusement coloré,

de fait tout le jour attaché par un fil

à un perchoir fragile.

Cet état de prisonnier, bien qu’il fût doré,

déplaisait fort à l’oiseau bavard et primesautier.

Quant au lapin, il se faisait silencieux.

Son vocable parcimonieux

n’engageait guère l’oiseau à réseauter

ou à créer un chœur où tous deux auraient, avec délices,

loué les merveilles d’Amaryllis.

En cordée, ils auraient pu franchir

les obstacles montueux, et c’est peu dire,

qui entravaient leur rapprochement.

Le lapin demeura muet, le perroquet parlant

sans cesse, avec une exaltation

qui confinait à la déraison.

Amaryllis en fut affectée.

 

Que dire, que faire,

devant deux natures si contraires ?

Amaryllis, peut-être le découvrira

et, une prochaine fois, le racontera !

 

 

Denise Doderisse

 

               Ce poème est paru dans la revue « Aéde  »  n° 26 ( éditée par l’Union des Poètes Francophones ).   

Deuxième version de la fable  » Le Corbeau et le Renard « 

Monsieur de La Fontaine m’a inspiré cette autre version de la fable « Le Corbeau et le Renard ».    

 

 

LE CORBEAU BEAU BEAU ET LE RENARD DARE DARE

 

 

Maître Corbeau bof bof  sur un arbre perché là-haut là-haut tenait en
son bec mé qué mé qué un fromage ravage !

Maître Renard par l’odeur snif snif alléché mmmm lui tint à peu près ce langage dommage !

« Eh ! bonjour Monsieur du Corbeau beau beau …Sans mentir tirelire sans sou, si votre ramage croâ croâ se
rapporte à votre plumage plum plum vous êtes le phénix xxx des hôtes de ces bois boâ boâ ! « 

A ces mots le corbeau beauf beauf ne se sent plus de joie jôa jôa et pour montrer sa belle voix voâ voâ il ouvre un
large bec âââââh et laisse tomber boum sa proie plaf. 

Le renard dare dare s’en saisit vite vite et dit dixit :  »  Mon bon bon Monsieur, apprenez et toc que tout
flatteur horreur malheur vit aux dépens et pan de celui qui l’ écoute  sans oreillette .Cette leçon scions scions du bois à la mère
Nicolas  vaut bien un fromage  bien fait sans doute. « 

Le corbeau bof bof honteux et confus jura  grrr grrr de diou de diou
mais un peu tard la cloche a sonné ! qu’on ne l’y prendrait plus ah mais !  ah mais ! ah que ! ah que !

 

Denise Doderisse.