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Les trois R

Les trois R

 

Rêve
Voir
la vie en bleu
azur serein
émaillé de bonheurs
potelés comme angelots
à la blancheur nacrée

Réel
Mise à l’épreuve
Vie en gris
étain brut
maculé de malheurs
aux angles vifs
à la noirceur d’un ciel d’orage

Résistance
Piqueter
ce gris chagrin
ô combien ténébreux
et livreur d’ennuis
de nuances d’aurore
à la caresse apaisante.

 

Denise Doderisse

 

Instantanés

 

 

Une rose épanouie

dentelle une lisière

sur l’azur vibrant du ciel

et isole la terre noirâtre

prodigue en souffrances

***********************

Le bonheur

ne s’écrit pas

ne se murmure pas

Il s’écrira en longs sanglots

se dira à pleine voix

quand il aura fui

là-bas 

**********************

Éclats de soleil couchant

amarrés à la terre par

de longues chaînes

soumises

au zéphyr du soir 

**********************

Un jour peut-être

tu reviendras

par un clair matin d’automne

Alors

d’un joyeux rire

je soufflerai la

poussière

de l’été trop long

sans toi

 

 

Denise Doderisse

 

il n’y a plus rien entre mes dix doigts

Il n’y a plus rien entre mes dix doigts 
 

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Il n’y a plus rien entre mes dix doigts
Les chants de printemps heureux et troublants
Se sont égrenés sans faire de bruit
Le silence seul par sa mélodie
Douce et infinie ravive les traces
D’un tendre passé longtemps oublié
 
 
Il n’y a plus rien entre mes dix doigts
Mais quand le passé se prend à rêver
Le long de mes doigts glissent les couleurs
D’un rare arc-en-ciel clair et lumineux
Fourmillant d’empreintes  en mémoire vives
Éclairant la vie et le quotidien
 
 
Alors le jour où entre mes dix doigts
Présent et passé ne glisseront plus
Et que le futur vite s’estompera
Ce sera le signe du dernier départ.
 
 
Denise Doderisse

Amour perdu.

 

Amour perdu

 

En ce mois d’éclosion
où tout parle de joie
où les roses explosent
et se parent de soie
Seule mélancolie
règne en mon cœur meurtri

 

En ce mois des moissons
où notes rondes jaunes
chantent à l’unisson
sur la portée des champs
Seuls les amers regrets
cernent mon cœur meurtri

 

En ce mois de couleurs
riches et mordorées
où les feuilles badines
et folles fuient les arbres
Seuls les barreaux de mon amour
mettent mon cœur en cage

 

En ce mois de froidure
où la neige emprisonne
sans réserve Nature
et la revêt de blanc
mon amour comme la neige
enveloppe mon cœur

 

Denise Doderisse

Rêveries

Rêveries.

 

Procession lente des nuages
majestueux nobles et sages
Superbe ignorance du vent
Leur maître – inlassablement.

 

Évolutions désordonnées
Tentations renouvelées
de se faire pousser des angles
Quête impossible du triangle

 

Flâneries gracieuses sur fond bleu
esquisses animaux monstrueux
savantes transformations
en chérubins tendres et blonds

 

Douloureuse fuite tête basse
tels condamnés par contumace
nuages vaincus écrasés
humiliés – ordre dispersé

 

Sombre défilé masse noire
les nuages se laissent choir
au signal du Maître puissant
tout au long de fils gémissants

 

Nuages incessants mouvements
éternel renouvellement
de vies rêvées et chatoyantes
fugaces et évanescentes

 

Denise Doderisse

J’aurais tant voulu…

Pour le « Jeudi en poésie » des « Croqueurs de mots » sur le thème de la nostalgie.

 

J’aurais tant voulu tenir ta main

Vers ce pays où tu t’exilas

Sur les longs chemins d’éternité

Là une mystérieuse clarté

Jaillie de silencieuses étoiles

Eclaire un paysage de fleurs

Généreuses aux vivaces abeilles

Les hirondelles y dansent sans cesse

Effleurant l’eau vive des étangs

En un ballet d’une infinie grâce

 

J’aurais tant voulu tenir ta main

Vers ce pays où tu t’exilas

Pour y vivre aimer passionnément

Dormir paisiblement près de toi

Tu m’as abandonné au pays

Glauque et glacé des tourments terrestres

Que fuient les sensibles hirondelles

Que désertent abeilles et tendres fleurs

Tu es parti seul vers des merveilles

Ignorées des sinistres humains  

 

Denise Doderisse 

 

Les jours moutonnent…

 

 

Les jours moutonnent
sous l’oeil vigilant du temps
qui doucement, tout doucement,
voilent les lignes de tout destin.

Les jours moutonnent,
Herbeillent les souvenirs
qui doucement, tout doucement,
s’évanouissent dans le néant.

Les jours moutonnent…
Dans leur errance infinie,
doucement, tout doucement,
ils encrent les planches des galaxies.

Les jours moutonnent
Ils lézardent l’absolu,
doucement, tout doucement,
et fissurent un coeur rendu orphelin.

Les jours moutonnent,
manipulent les limites… 
Doucement, tout doucement,
Faire semblant d’être l’ami du temps.

 

Denise Doderisse
     

Paradis.

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Paradis

 

 

Comment se faufiler dans ce pays symbole
Appelé paradis, domaine arboricole,
Adam y batifole avec Eve frivole.
Ils se tiennent en joie, dansent la farandole
Là, au septième ciel, font force cabrioles.

 

C’est négliger le fait, devenu parabole,
Que tous deux oublieux des conseils de l’Idole,
Dévorent à belles dents la pomme protocole.
Alors l’orage gronde et leurs deux auréoles
Sautent comme grenouilles devenues archi folles.
Et voilà nos ancêtres tricotant des guibolles,
Chassés du paradis à cause de fariboles.

 

En tout état de cause la pomme malévole
Fait subir aux humains de mauvaises bricoles.
Autant rester sur terre et y faire le fol,
En faire son paradis, son divin acropole.

Denise Doderisse

 

J’aurais tant voulu tenir ta main…

J’aurais tant voulu tenir ta main

vers ce pays où tu t’exilas

sur les longs chemins d’éternité

 

Là une mystérieuse clarté

jaillie de silencieuses étoiles

éclaire un paysage de fleurs

généreuses aux vivaces abeilles

Les hirondelles y dansent sans cesse

effleurant l’eau douce des étangs

en un ballet d’une infinie grâce

 

J’aurais tant voulu tenir ta main

vers ce pays où tu t’exilas

pour y vivre aimer passionnément

dormir paisiblement près de toi

 

Tu m’as abandonné au pays

glauque et glacé des tourments terrestres

que fuient les sensibles hirondelles

que désertent abeilles et tendres fleurs

Tu es parti seul vers des merveilles

ignorées des sinistres humains  

 

Denise Doderisse