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J’aurais tant voulu tenir ta main…

J’aurais tant voulu tenir ta main

vers ce pays où tu t’exilas

sur les longs chemins d’éternité

 

Là une mystérieuse clarté

jaillie de silencieuses étoiles

éclaire un paysage de fleurs

généreuses aux vivaces abeilles

Les hirondelles y dansent sans cesse

effleurant l’eau douce des étangs

en un ballet d’une infinie grâce

 

J’aurais tant voulu tenir ta main

vers ce pays où tu t’exilas

pour y vivre aimer passionnément

dormir paisiblement près de toi

 

Tu m’as abandonné au pays

glauque et glacé des tourments terrestres

que fuient les sensibles hirondelles

que désertent abeilles et tendres fleurs

Tu es parti seul vers des merveilles

ignorées des sinistres humains  

 

Denise Doderisse

 

 

Seconde magique

colibri

Tableau de Denise Doderisse – Collage de fleurs séchées et plume aquarelle ( colibri ) –

 

 

Le colibri
ailes palpitantes
étincelantes et vernissées
pose son long bec
sur une fleur de cactus
aux nuances rosées
et nectar aspiré
le colibri s’en est vite
retourné
ailes palpitantes
vers une autre fleur
aux nuances rosées

Seconde magique

 

Denise Doderisse

 

Arrêt sur image.

Frégates

Photo Denise Doderisse – Frégates –

 

 

Le regard trop las d’errer
sur un monde à la dérive
cherche à traquer la beauté
veut en faire sa convive
se pose sur une frégate
aux ailes de perle noire
qui dessinent en silence
comme tracé dans la ouate
un enroulement de moire
pure magnificence

 

Sans battement inutile
ailes largement déployées
l’oiseau décrit une idylle
ivre de sérénité
Volutes incantatoires
grave et noble psalmodie
plain-chant majestueux
Dans ce vol évocatoire
à lui seul leçon de vie
le doute se fait honteux

 

Denise Doderisse

Autoportrait.

 

On recherche une femme nommée Denise Doderisse.

De taille moyenne 1,62 m. ou un peu moins étant donné son âge

transparente comme un vitrail à la Soulages, d’un gris désespérant les jours de pluie,

à la recherche d’un rayon de soleil qui éclaire sa grisaille.

Des éclairs d’argent dans sa maigre chevelure

Des souvenirs en cicatrices sur le visage.Un mur de béton la sépare du monde et la protège.

Son sourire triomphant ne communique rien

si ce n’est la confiance en l’autre.

 

Denise Doderisse

Le crayon.

 

 

Objet inanimé susceptible d’une âme,
crayon qui court follement sur la page blanche,
à la recherche d’un mot, d’une mélodie,
d’un paysage, du galbe d’un visage.

Objet inanimé, je t’emporte avec moi,
et tu me suis partout plus fidèle qu’un chat
prompt à sortir ta griffe à la vue de papier.

Pourtant, tu t’égares parfois dans les replis
inexplorés d’une poche ou d’un sac sans fond !

Pourtant ta mine s’use et je dois te jeter
pour que puisse exister ton dauphin bien taillé.

Tu es tout comme moi un point sur cette terre !

 

Denise Doderisse

Rêve.

 

 

J’ai rêvé que le dais de la blanche Reine des nuits

drapait de ses douces coulées bleues

la blancheur éthérée de mes rêves angoissés

 

J’imagine bleu et blanc, fondus, confondus,

mêlés, emmêlés, entremêlés,

masse douce tendre et ouatée

 

Je sais le bleu apaisant serein et bienveillant

Il efface les taches trop profondes du blanc

flagrant de perfection et d’intolérance

 

J’aime que l’harmonie bleue la plus radieuse

se répande en ondes magiques

fluides et enivrantes de beauté et d’amour

 

Je me souviens du voile cotonneux ombré d’ondes bleutées

cocon douillet de ma genèse…

 

Denise Doderisse

Auto-représentation.

Comme une plume 
je vais volant à la rencontre des
alizés si doux
au-dessus
d'une mer turquoise où
l'écume des vagues
serpente
le long de la barrière de
corail.
Je vole en toute
sérénité.
La douceur de l'alizé
s'estompe et je
tombe dans
la mer où je me
noie.


Denise Doderisse


 
 
 

 

Dessin animé.

 

Dans la mousse crémeuse des nuages

méchés de gris souci

les ailes fuselées de la frégate

dessinent une spirale invisible

à la traîne de l’alizé

fièvre de volutes enlacées

tracées par les mille doigts de la brise marine

caressant voluptueusement les perles d’écume

jaillies des profondeurs

comme des rêves du noir de la mémoire

 

Denise Doderisse

Rencontre.

 doderisse2

 

 

J’avance les yeux éblouis
à la rencontre des vagues
frangées de mousseline blanche

J’avance tous sens en éveil
à la rencontre du murmure
mélancolique de la mer

J’avance toute peur abolie
à la rencontre de la vie océane
de ses profondeurs silencieuses

Ondine dans ce paradis
d’azur liquide et limpide
jouer avec l’éternité

 

Denise Doderisse