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Il pleut des souvenirs…

 

 

 

 

 

 

Les souvenirs s’en vont, s’en viennent,

comme gouttes de pluie dansant

au gré du vent et de la peine

sur le carreau flaque de sang.

Flèches souvenirs menaçants

souvenirs tristes qui enchaînent

doux souvenirs qui me reviennent

et que je berce tendrement

 

 

Il pleut, il pleut des souvenirs

au moindre changement de vent.

Il en pleut à se déconstruire

dans un silence assourdissant.

Et souvenirs vont s’égaillant…

Vie déclinée en points de mire

mirages impossibles à décrire.

Tout s’évanouit avec le temps.

 

 

Denise Doderisse

 

 

 

Vendredi 13…Heurts et malheurs d’un nombre impair !!!!

 

 

 

IMPAIR ET PAIR

 

 

Vendredi treize –

Treizième invité d’un médianoche !

 

Je reste chez moi et me tiens coi

pour éviter les péripéties

assujetties à ce nombre impair ?

 

Impair et imparfait, ce nombre

entier qui ne veut se partager,

dépositaire de trop d’impairs,

et qui reste néanmoins premier.

 

Vendredi treize –

Treizième invité d’un médianoche !

 

Pourquoi ne pas miser sur l’impair

et délaisser le pair, le parfait,

le partageur mais jamais premier ?

 

Défier la chance avec arrogance ?

Grands et petits bonheurs de ma vie

seraient-ils si humblement soumis

à ce jeu du pair et de l’impair ?

 

Vendredi treize –

Treizième invité d’un médianoche !

 

J’ai trop longtemps balancé au long

de cette fatidique journée !

Vendredi treize s’en est allé

escorté de son médianoche !

 

Alors, le quatorze est arrivé,

Quatorze issu d’impairs, sept et
sept

qui se terminent en pair, plus d’impair.

Mais le médianoche, tributaire

de l’impair, a ignoré le pair.

 

Cette histoire truffée d’impairs

                        se veut sans autres
commentaires.

 

 

Denise Doderisse

C’est le vent…hou…hou…hou…

 

 

 

 

LES JEUX DU VENT

 

 

Dessiner nuées éphémères

Se faufiler dans les bambous

S’y perdre en un discret frou-frou

 

 


Envelopper dans ses remous

Brindilles branches feuilles mortes

Les déposer au bas des portes

 

 

Nul besoin de prêter main-forte

Au fol épris de liberté

Expert en indocilité

 

 

Tout comme lui mouvementé

A personne n’être assujetti

Et galoper dans la prairie

 

 

 

Denise Doderisse

 

 

Prendre une ( sa ) place dans la société ?

 

ASSISES.

 

Depuis si longtemps

je tentais de m’asseoir fermement

dans la vie…

 

Une foule autour de moi.

Presse incroyable d’êtres hébétés

lorgnant les places déjà occupées

par des bien-assis !

 

Certains paradaient

dans de moelleux fauteuils

rembourrés

de billets…

 

D’autres se vautraient

dans de luxueux sofas

creusés

de plaisir…

 

D’autres encore solides

sur de hauts poufs

gonflés

d’orgueil…

 

Chaises bancs banquettes

escabeaux strapontins

trépieds et trônes

Tous occupés

par des bien-placés !

 

 

Pas un siège où se poser

Alors rester – debout –

à la vie – à la mort !

 

Denise Doderisse.

Le temps, l’horloge biologique et Nougaro !

   Qu’est-ce qui me réveille le matin ? Mon horloge
personnelle, qui est bien ennuyeuse les jours où je n’ai pas envie de me réveiller !!!                   

 

 

 

 

 

 TIC-TAC…TIC-TAC…TIC TAC…

 

 

Tic-tac…Tic-tac…

Ce réveil dans ma tête

tic-tac-tic-tac-

qui jamais ne s’arrête

 

 

qui découpe mon temps

en tranches bien rythmées

et très délits

délimitées

 

 

qui fait des réveils

à heure bien fixée

qui fait des nuits

très délits – délimitées

Le jeter

le piétiner

l’enterrer

l’oublier…

 

Mais il reste là

– dans ma tête –

à me provoquer

à me harceler

à me rendre tic-tac

                      tic-tac-tic-tac-tic-tac !

Denise Doderisse

Autour d’animaux…extraordinaires !

 



 

 

 

FABULOSITĖS

 

 

Hippocampe – longue crinière d’algues –

Caracole sur les herbes de la mer –

 

 

Unique corne longue et torsadée –

Licorne – superbe cheval blanc de neige –

Empreinte de fierté douceur et pureté –

 

 

Pégase – œil étoilé plein d’infini –

Crins longs comme la traîne d’une comète –

Interminables ailes blanches ébouriffées –

Force et vélocité sauvagerie et beauté –

 

 

Centaure – corps de cheval buste d’homme –

Ultime fusion de l’homme et du cheval –

Symbole de liens vivaces et indéfectibles –

Fabuleuse ou réelle – longue histoire d’amour –

de l’homme et du cheval – et qui ne connaîtra de cesse –

 

 

 

Denise Doderisse

 

 



 

Dialogue de bêtes : entre chien et chat.

ENTRE CHIEN ET CHAT

 

 

Chez moi, dit le petit chat

J’ai pour gentil compagnon

une espèce de gros rat

qui fleure le saucisson.

 

Chez moi, dit le petit chien

J’ai pour bonne compagnie

un joyeux ange-gardien

tout barbouillé de cambouis

 

Chez moi, dit le petit chat

Mon plat est de porcelaine

Souvent rempli de gouda

comme à la fête foraine.

 

Chez moi, dit le petit chien

Mon écuelle est de vermeil.

Elle vient des Babyloniens

dérangés dans leur sommeil.

 

Chez moi, dit le petit chat

Trotte une vraie souris bleue.

Elle porte un sarrau de drap

quand elle peint un scrofuleux.

 

Chez moi, dit le petit chien

Se promène tard le soir

un squelette hugolien

qui vient toujours dire bonsoir.

 

Chez moi, dit le petit chat

Walt Disney savoure son thé.

Puis il me prend dans ses bras

et rêve de me croquer.

 

Chez moi, dit le petit chien

Goscinny prend des idées.

Il recherche mon soutien

pour ses bandes dessinées.

 

Chez moi, dit le petit chat

Il y a une fillette

qui agite fort ses bras

tel Vishnou quand il tempête.

 

Vishnou ! dit le petit chien

Tu te crois chez les Hindous !

Change vite de maintien

ou tu finis chez les fous !

 

C’est un jugement de chien !

rétorque le petit chat.

Bavardages de vaurien.

Restons comme chien et chat !

 

 

 

Denise Doderisse

Gouttes…gouttelettes de pluie…


 

 La pluie…

               à minuit….

 

 

 

 

 

Je   voulais que

                     la pluie

   cesse

ses éclats cinglants

sur la vitre

bienveillante

                                        
                            J’ai donc ouvert

béante

la baie

pour interrompre

sans façons

ce dithyrambe

 

J’ai alors pu

savourer

les sons

d’une mélopée

mélodieuse

et douce

pareille à celle

d’un bâton

de pluie

en débandade

qui égrène

une roulade….

 

Denise Doderisse 

 

 



En mer, soleil au zénith.


 

 

EN MER

 

 

Le soleil déverse des milliers

                            

                            de gouttes
d’or

                          
         

                              
 qui éclatent sur la mer

                  

                              
                   en reflets d’argent

 

 

Denise Doderisse