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Solitude.

 

solitude

 

Tableau à l’huile (80×130) d’après un paysage des Baléares – de Denise Doderisse

 

Terre brune volcanique
lave durcie
Dans un trou isolé
graine a germé

 

Je t’ai vu ce matin
grand solitaire
Tes racines font corps
avec la terre

 

Tête dressée vers les cieux infinis
Feuilles ouvertes sur l’immensité bleue
Tournées en points d’interrogations

 

Obstinément debout droit sans défense
aux écoutes de muettes réponses…
Et le soleil donnait vie à ton ombre

 

Denise Doderisse

Il n’y a plus rien entre mes dix doigts…

 

 

 Il n’y a plus rien
entre mes dix doigts

Les chants de printemps heureux et troublants

se sont égrenés sans faire de bruit

Le silence seul par sa mélodie

douce et infinie ravive les traces

d’un tendre passé longtemps oublié

 

 

Il n’y a plus rien entre mes dix doigts

Mais quand le passé se prend à rêver

le long de mes doigts glissent les couleurs

d’un rare arc-en-ciel clair et lumineux

fourmillant d’empreintes en mémoire vives

éclairant la vie et le quotidien

 

 

Alors le jour où entre mes dix doigts

présent et passé ne glisseront plus

et que le futur vite s’estompera

ce sera le signe du dernier départ.

 

 

Denise Doderisse

 * Premier vers en italique de Pierre Reverdy

 

 

 

 

Le vent…et son espièglerie.

 

LE VENT

 

Si folâtres les tâches du vent

Modeler à son gré

les nuages

Laisser place

au soleil et

donner au ciel

sa lumière azurée

 

Faire danser les feuilles mortes

et tournoyer

jusqu’à l’oubli

Faire murmurer l’herbe

des champs et des jardins

Faire frissonner la surface

des eaux et

frémir la mer

 

S’amuser comme un fou-fou    

éperdu de liberté

Oh ! Que ne suis-je le vent pour que

s’envolent

les graines des poètes

 

Denise Doderisse

 

J’aime …le printemps.

 

 

 

J’aime ce moment où 
l’haleine du printemps fluide et parfumée
déplisse délicatement 
                                     
 les frêles jupes des bouleaux
remplit d’ardeur joueuse 
                                     
 les chatons du saule 

J’aime ce moment où 
la lumière diaphane du printemps
exalte la violine 
                                     
 des hampes de la monnaie du pape
adoucit 
                                     
 le blanc des thlaspis
où leurrées par le bleu myosotis et le jaune forsythia 
les boules de neige frétillent ingénument
et adressent un dernier clin d’œil à l’hiver enfui…

Je souhaite que ce moment de grâce 
perdure avec éclat et à jamais
 dans le chaos sélectif de mes souvenirs …

 

Denise Doderisse

Comme une plume…

Comme une plume

je vais volant à la rencontre des

alizés si doux

au-dessus 

d’une mer turquoise où 

l’écume des vagues

serpente

le long de la barrière de

corail

Je vole en toute

sérénité

La douceur de l’alizé

s’estompe et je 

tombe dans 

la mer où je me 

noie

 

 

Denise Doderisse

Souvenir…

 

 

IMPASSE DU PARC

 

C’est une impasse

qui débouche en toute liberté

sur les remous de la rivière

Essonne moins connue que sa grande sœur

Seine si souvent chantée

       

C’est une impasse

qui longe en toute liberté

un parc centenaire

avec ses générations d’enfants

jouant les Tarzan dans les arbres

 

C’est une impasse

que bordent en toute liberté

quelques villas vieillottes

où hommes femmes et enfants

préservent une douce convivialité

 

C’est une impasse

où la liberté se respire

se sent se vit

 

C’est l’Impasse du Parc

dont le double cadenas

est depuis longtemps crocheté

 

 

 

Denise Doderisse

 

Saint-Valentin…Pour toi.

 

POUR TOI.

 

        Un jour d’hiver, nous nous sommes
rencontrés…

       T’en souviens-tu?

Dès cet instant j’ai su que

tu étais le seul

que j’avais attendu

avec une tendre confiance

parfumée d’éternité

 

 

Et pourtant je n’ai pas toujours vu

les soleils chargés d’amour qui

montaient en toi

tentaient d’embraser mes soirs

si noirs de désespoir

 

Je n »ai pas toujours éprouvé

la solidité des fils de soie qui

tissaient entre nous une fleur d’amour

empourprée de passion…

 

Et pourtant je n’ai pas toujours compris que

les sillons d’opale

qui creusaient nos joues

façonnaient des arabesques éblouissantes

de fidélité…

Je n’ai pas toujours su oublier

le temps où nous nous perdions

dans le labyrinthe de nos mal-entendus !

 

 

Désormais je ne veux garder que

les soleils chargés d’amour

les fils de soie couleur de passion

les arabesques de fidélité…

 

Désormais avec toi j’herboriserai

de nouvelles fleurs d’amour

de nouvelles herbes de tendresse

Avec toi, je ferai des colliers

de perles de bonheur limpide.

 

 

 

 

                                                      
Denise Doderisse

 

 

 

 

 

 

Je colibri…

 

Je colibri foufou je colibri

Et mon âme vibrionne

d’hibiscus en rose de porcelaine

Mes pensées se précipitent

s’affolent et n’osent savourer les fleurs

qui viennent à sa rencontre

 

 

Je frégate parfois

Et sereine je plane

sans un frémissement

dans un ciel lumineux

Les ailes de mon cœur

suivent les lignes souples

de la voie lactée

 

 

Le paysage a disparu du monde

Un voile de cristal le recouvre

 

 

Soudain la terre me rattrape

Je tombe dans la boue saumâtre

des jours sans fin du quotidien

 

 

 

Denise Doderisse

 

NB : foufou est le surnom donné par les Antillais au colibri 

 

Que de pis…aller !!!

 

 

QUE DE PIS……ALLER !!!

 

 

 

 

Pitié ô Pythie accroupie

Devant les thlaspis

Qui épie sans pitié

Les pies assoupies

Et les pipas éparpillés

Tous pitoyablement pipelant.

Leur pipeau pituiteux

Pipe même les pipole

Picotant comme piverts

La piteuse pipérade

Pimentée par la Pythie.

 

 

 

Denise Doderisse

 

 

Il pleure…Qui est ce  » il  » ?

 

IL PLEURE

 

 

 

Au bord du soleil couchant

un rameau exalté glisse

dans les eaux volubilis

en spirale agonisant

Il pleure. Mais quel est son tourment ?

 

 

Un nuage blanc s’argente

et se perruque de gris

sur la mer endolorie

à l’écume galopante

Il pleure. Mais quel est son tourment ?

 

 

Le jasmin lance ses fleurs

à la grâce du soleil

et veut imiter la treille

dans un élan de douleur

Il pleure. Mais quel est son tourment ?

 

 

Mon cœur roseau si tremblant

dodeline de désespoir

Il se veut incantatoire

et son chant devient violent

Il pleure. Mais quel est son tourment ?

 

 

Plus de rime ni riche ni pauvre

à ces mots tendresse amour

La glaneuse aux alentours

s’empresse de faire son œuvre

Et le bonheur envolé pleure

 

 

 

Denise Doderisse