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Si je pouvais…

 

 

Si je pouvais de nouveau vivre ma vie, je laisserais le temps filer comme un ruisseau et me laisserais emporter par le courant.

J’écouterais alors le frémissement de l’eau sur la mousse et son doux clapotis.

Je me ferais sirène dans la mer parmi les poissons aux couleurs éclatantes, les bénitiers frémissants et colorés et les coraux, précieuses niches qui deviendraient mon abri.

Si je pouvais de nouveau vivre ma vie, j’irais dans les airs avec les sternes. Je volerais comme elles et serais apaisée et heureuse

Si je le pouvais…

 

Denise Doderisse

 

Couleurs d’un monde rêvé.

Pour la communauté des « Croqueurs de mots » dont la barre 130 est tenue par Lenaïg qui propose l’évasion comme défi.

 

Couleurs d’un monde rêvé

 

Je rêve de m’évader dans un monde que les nuances de bleu envahiraient.

Sur ces tons de paix se joueraient les aurores boréales nuancées de vert, de mauve et les aurores orange vif. C’est alors que le soleil encore rosé se lèverait à l’horizon, teintant les nuages d’iridescences aux mille tons pastel.

Et le temps s’écoulerait sans façon en empruntant la lumière à l’écume des vagues sous le soleil d’un amour jaune étincelant. Le vert pâle, le vert tendre des feuillages se mêlerait à la danse du vert émeraude des vagues, vert porteur d’espoir.
Et le temps s’écoulerait sans façon tout en suivant du coin de son œil narquois bleu-marine le soleil déclinant prêt à offrir ses crépuscules orangés. Peu à peu, se dessineraient les longs traits bruns des arbres barrant l’horizon tandis qu’un cercle rouge profond s’engloutirait avec le soleil.

Et venu le noir de la nuit des grands espaces, je m’allongerais sur un hamac de toile bleu indigo et j’écouterais chanter la lueur argentée des étoiles.

 

Denise Doderisse

 

LE CHAT…en réflexion !

 

Le Dormeur - Aquarelle 

      Le Dormeur -Aquarelle de Denise Doderisse

 

 

Je suis heureux et pourtant je suis un chat noir, porteur de maléfices !

Mais mes bottines blanches et la petite tache blanche sous ma truffe me donnent un air original. Quant à mes vibrisses, elles sont
longues joliment recourbées.

 

Je suis élégant et convivial ce que répètent souvent les invités de ma maison. Quel plaisir pour mon égotisme.

 

J’ai un maître qui se plaît à me caresser longuement et tendrement mais quand j’en ai assez je m’en vais pour me sortir un peu. Il
ne me retient pas, heureux de mon indépendance.

 

Il s’amuse à me regarder faire des bonds pour attraper un papillon, ce que je réussis rarement , je l’avoue. Il n’en va pas de même
des souris que j’apporte, cela ne semble pas trop lui plaire et il les déniche plus vite que moi et ne les fait pas souffrir.

 

Il se plaît à me voir m’allonger au soleil dans les herbes du jardin ou sur l’allée cimentée qui me réchauffe les jours d’hiver
ensoleillés. Il vient me rejoindre et je me roule sous ses caresses en toute confiance.

 

Ma maison est une excellente maison où je suis bien nourri, une nourriture équilibrée qui me laisse svelte.

 

Il me  secoure si je prends trop de risques comme aller sur le toit de la maison qui est à vingt mètres de haut et n’hésite pas
lui-même à prendre des risques.

 

Le seul dommage – mais il faut être sage – il ne me laisse pas sortir la nuit. Il a ses raisons et je suppose qu’il tient trop à moi
pour que je risque de me faire écraser.

 

 

 

 

Denise Doderisse

Les plumes des palmiers.

Pour  » les Passeurs de mots » sur le thème du mois  » La plume et l’image « .

 

 

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Photo Denise Doderisse

 

 

 

Les plumes des palmiers essaient de dessiner dans le ciel des formes étranges, mousseuses et changeantes.

 

 

 

 

PALMIERS-LE-SOIR.jpgPhoto Denise Doderisse.

 

Au soleil couchant, elles enluminent leurs calligraphies .

 

Denise Doderisse

FAUTE DE TEMPS. ( NOUVELLE )

 

Faute de temps.

 

L’Hôtel de l’Arrimeur affichait complet en ce week-end de l’Ascension. Ses fenêtres ouvraient sur le Bassin
d’Arcachon qui vibrait de voiliers, de bateaux à moteur de pêche ou de plaisance, de pinasses soigneusement entretenues et de barges à fond plat qui glissaient sur les hauts fonds parmi les parcs
à huîtres…

 

Ce monde en mouvement ne semblait guère intéresser la jeune femme du 105. Nulle contemplation ne suspendit ses
occupations : elle lava sa paire de collants, ôta la tache qui médaillait de façon grotesque son chemisier vert-pomme, remplaça un bouton qui s’était évadé d’un pantalon, peut-être injustement
serré… Elle s’épila quelques sourcils sortis du rang, arracha un poil follet qui avait pris la liberté de pousser sur un grain de beauté, là, entre les deux yeux… Quand la sonnerie du téléphone
retentit, elle était assise sur le balcon et achevait de décorer ses orteils en les peignant de noir…

La sonnerie de son téléphone portable lui chatouilla agréablement les oreilles. Elle le
saisit 
dans un geste amoureux…

  • Allô ? dit-elle en étendant les jambes et en agitant les orteils… Le vernis noir d’encre… une couleur extra…bien
    posé… aucune bavure… presque sec… Sa vie allait se concentrer dans cet engin impersonnel, ce qui la comblait.
  • Allô, Doudou ?

La jeune femme fit une grimace de dépit : elle aurait quand même préféré un autre correspondant, et ce surnom
qu’elle exécrait ! Elle recula légèrement l’appareil de son oreille.

  • Ouiiiièèè…
  • Pourquoi n’as-tu pas téléphoné hier soir ? J’étais morte d’inquiétude ! Tout ce trajet…
  • J’ai essayé plusieurs fois mais c’était le répondeur…
  • Tu aurais pu laisser un message…Dis-moi, tout va bien ?
  • Mais oui ! TRÈS bien ! Il fait une chaleur épouvantable !
  • Jacques ne supporte pas vraiment la chaleur que je sache ?
  • Nnnon… Mais nous venons d’arriver ! Il n’a pas encore eu de réaction… marmonna Dominique en agitant le pied vigoureusement. Décidément, ce vernis était long à sécher…
  • Vous êtes arrivés quand ?
  • Hier soir…tard dans la soirée et…
  • C’est toi qui conduisais ? Tu n’es pas trop fatiguée ?
  • C’est Jacques qui conduisait !
  • Comment ! Tu l’as laissé conduire ! C’est incroyable !
  • Oui, c’est LUI qui conduisait, très bien d’ailleurs, sans aucune nervosité…rétorqua Dominique, tout en vérifiant
    du bout d’un ongle que son vernis avait acquis toute sa dureté…
  • Est-ce qu’il a encore essayé d’aller plus vite que les arbres ou que la route ou je ne sais trop quoi ?
  • Je t’ai dit qu’il avait bien conduit !Il n’a pas dépassé le 130 – nous avons pris l’autoroute – Il est resté sur
    la file de droite, n’a pas systématiquement cherché à doubler…
  • Curieux ! Il n’a manifesté aucun signe concernant son obsession ?
  • Bof… Il évitait simplement de trop fixer le marquage au sol ! Les minutes qui filent …
  • Donc, ce n’est pas terminé ! Et à l’hôtel, comment s’est-il comporté ?
  • Eh bien…A peine arrivés dans la chambre, il s’est mis à tourner en rond, en répétant JE SUIS CHRONO CHRONOMETRE
    ROI DE LA CHRONOMETRIE JE SUIS CHRONO JE MESURE LE TEMPS JUSQU’À L’HEURE FATALE ! FATUM ! et il faisait tourner son bras de plus en plus vite. C’était d’un drôle, railla Dominique.
  • Je ne partage pas ton avis ! Te souviens-tu des poésies qu’il a écrites, notamment sur le temps ?
  • Pas exactement ! A dire vrai, sa poésie me semble très hermétique !
  • Fais un effort pour le comprendre…Discute avec lui…
  • Excuse-moi une seconde, s’empressa de dire Dominique, tout en prenant une cigarette qu’elle alluma. Elle en tira
    une bouffée complaisante et se cala dans son fauteuil…Oui?
     exhala-t-elle dans un nuage de fumée bleutée.
  • Voilà… Je voulais te dire… On en a parlé au psy : ses achats de pendules, d’horloges, de réveils, ses « courses
    contre la montre », son désir effréné d’être cosmonaute…
  • Je n’ai pas saisi pourquoi d’ailleurs !
  • Aller plus vite que le temps…
  • Passons. Qu’en a pensé le docteur ?
  • Je n’ai pas saisi tous les termes qu’il employait mais il souhaitait vivement le rencontrer…
  • Ça n’a pas servi à grand-chose jusqu’ici et il me semble plutôt calme…
  • On ne peut pas savoir ! Vous devriez rentrer…
  • Hors de question ! Il y a bien longtemps qu’on n’avait pris quelques jours tranquilles, sans les enfants !
  • Et votre chambre ?
  • Impeccable ! Exactement ce dont je rêvais, avec vue sur le Bassin d’Arcachon et ses couchers de soleil… L’ennui,
    c’est que…
  • Jacques ?
  • Oui…Les couchers de soleil l’impressionnent terriblement !
  • Quand je dis que vous feriez mieux de revenir !
  • Laisse-nous un peu de temps ! D’ailleurs, je ferais mieux de raccrocher, il va arriver d’un instant à
    l’autre…
  • Où est-il donc ?
  • Sur la plage.
  • Sur la plage ? Mais tu es folle de le laisser ainsi tout seul !
  • Bvou…Il n’est quand même pas si atteint ! Et j’ai horreur d’aller sur la plage avec lui – Il est ridicule avec ses
    chaussettes!
  • C’est nouveau ! Pourquoi garde-t-il ses chaussettes ?
  • Oh… J’en sais rien. Je crois que c’est encore une histoire de temps !
  • De vent ?
  • Non, de temps avec un T comme Thomas !
  • Et tu ne trouves pas ça pour le moins bizarre ?
  • On ne va pas recommencer ! Je te répète qu’il est calme ! Je ferais mieux de raccrocher maintenant… soupira la
    jeune femme
  • Appelle-moi si il y a un quelconque changement dans son …
  • D’accord ! Je t’embrasse et… ne t’inquiète pas.  

Dominique posa tendrement son téléphone, puis écrasa sa cigarette. Elle se retourna vers la fenêtre, sentant une
présence.

 

Jacques regardait fixement les éclats sanglants du soleil couchant, le canon d’un fusil sur la gorge…Le soleil
explosa …

 

      Denise Doderisse

     Nouvelle ayant obtenu le 3ème prix au concours littéraire 2013 de Arts et lettres de France

site : www.artsetlettresdefrance.fr )

 

De légers filets pour rêves d’humains…

Pour le thème « Toiles et filets » de la Communauté Entre ombre et lumière », je propose ces photos.

 

Le ciel m’a surprise un matin de septembre où la terre semblait lancer ses filets – si fins, si doux – afin
d’attraper les rêves des humains.

Qui pourrait dire si la pêche fût bonne ?  

 

 

ENTRE-OMBRE-ET-LUMIERE 1674

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 ENTRE-OMBRE-ET-LUMIERE 1673

 

 

 

Photos non retouchées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Denise Doderisse

Le peuple des mers…

LE PEUPLE DES MERS

 

Les vagues viennent chanter en chœur la douceur du sable sur lequel elles s’abandonnent. Le long fil de leur écume
moussante serpente tout au long de l’horizon. Et les fonds marins se font complices accueillants. 

 

Là tout est silence bleu .

 

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Et dans ce silence qui bruisse de mille scintillements, le poisson clown refuse d’assumer son titre.

 

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Il ne fait pas le pitre et laisse ce rôle aux bancs de balistes picasso qui flirtent avec les coraux et les anémones
chatoyantes.

 

 

 

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Dans les forêts d’algues grouillent lieux et vieilles coquettes aux couleurs orangées et se nichent des
hippocampes.

 

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Et puis la raie manta qui, de noir vêtue, s’élève du fond sableux, en un envol gracieux, et feutré, géante
impressionnante mais inoffensive.

 

 

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Ce silence bleu n’est cependant pas dépourvue de venin mais sa beauté demeure quand la rascasse volante, habit de zèbre
et légèreté du papillon, déploie souverainement ses nageoires. Reine de beauté perfide, devant elle, tous les poissons s’esquivent vite dans les coraux rassemblés en cordée.

 

 

 

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Venin encore mais aussi quelle grâce, lorsque s’avancent comme de souples et élégantes ballerines les méduses Pélagia,
tout un ballet à la danse fascinante.   

 

 

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Le peuple des mers ne cesse, néanmoins, de m’enchanter.

 

Denise Doderisse

Méli-mélo de fruits tropicaux…à déguster sans modération…

 

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Rond sanguin sans aspérités, robe grainée de gris avec épaisse doublure blanche.

Dans ce lit cotonneux aux draps de filaments dorés, des graines onctueuses et vertes, prêtes à fondre de plaisir dans un palais gourmet.

Tout près son cousin, jaune pâle, fripé, jouant les hypocrites cherchant à dissimuler la passion, suscitée.

Tous deux à égrener et noyer proprement dans un flot de yaourt !

 

 

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Naine ou épanouie, habillée de voilage vert pomme ou diapré de rouge.

Du ballon de rugby elle a certes la forme mais elle ne se poursuit pas  à treize ou quinze.

Cependant elle se laisse difficilement apprivoiser par le gourmand impénitent. A celui-ci, un conseil : la partager délicatement en longeant le noyau, deux moitiés à
diviser en petits carrés pour plus délicatement la déguster.…

 

 

Bananes2600773158_a7cff0aca8.jpg

 

Coupées de leur régime à fleur poire violette, en mains aux doigts très fins d’artiste concertiste ou mains aux doigts grossiers et ronds de forgeron ou plus encore
des doigts de géant prêts à cuire dans de l’eau frémissante…A consommer sans modération !!!

 

 

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Houppe verte en turban élégant, il multiplie ses losanges noirs sur sa peau crevassée. Difficile à démasquer, il garde des traces de maquillage noires sur son vrai
visage jaune…

 

 

 

Pomme cannelle5381376430_535f47e962.jpg

 

             Surprise ! Striée comme l’ananas. La couleur verte et la forme de la pomme mais ce n’est pas

             une pomme. En outre, ne fleure pas la cannelle !  Intérieur un peu
glissant !!!   

 

 

Carambole3426497721_cf35ea5066.jpg

 

Le couper pour en admirer la beauté d’étoile. Le goûter pour se rafraîchir… Mais peine un peu à dissimuler une agressive acidité.

 

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               Vert sous les tropiques. Mais n’est rien seul ! A besoin de compagnie…

Apprécie fort les chatrous ou autres variations marines.

Mais s’accommode très bien du ti’punch!!!

 

 

 

 

Denise Doderisse

 

Un petit clic sur Galerie-Expo pour la traduction en aquarelle de ces fruits.

 

 


 

 

 

La mer et son…dessin animé

 

        DESSIN ANIME

 

 

 

 

Dans la mousse crémeuse des nuages méchés de gris souci les
ailes fuselées de la frégate dessinent une spirale invisible à la traîne de l’alizé  fièvre de volutes enlacées tracées par les mille doigts de la
brise marine caressant voluptueusement les perles d’écume jaillies des profondeurs comme des rêves du noir de la mémoire  

 

 

 

 

 

Denise Doderisse

Couleurs et douceurs des Tropiques…

Pour égayer le ciel gris de l’hiver européen, un peu d’images tropicales ne peuvent que réjouir…

 

CRÉPUSCULE SOUS LES TROPIQUES.

 

 

 

 

L’air léger drapait le corps à la façon douce et enveloppante d’un sari de soie.

Il se coulait le long des jambes qu’il caressait avec la mélancolie des adieux

d’un amant.

 

 

Les palmiers dessinaient dans l’air des têtes rondes échevelées

et les filaos effilochaient leur ombre sur le sable immaculé.

 

 

Le soleil s’abaissait lentement à l’horizon

enveloppait la mer d’un voile doré aux reflets changeants…

 Bientôt la nappe étale de l’océan se transforma en or liquide.

 

 

Dans le décor exubérant des palmiers des filaos et des bougainvilliers,

le ciel avait pris une teinte bistre balayé de mauve.

 

 

Dans les banians les martins roselins entonnaient

leur bruyante prière du soir…

Ils soutenaient l’annonce de la brusque disparition du soleil

et semblaient pourtant en implorer le retour…

 

 

 

Denise Doderisse