Encore frissonnant….( Jules Supervielle )

Pour le jeudi-poésie des Croqueurs de mots.

 

 

Encore frissonnant

sous la peau des ténèbres, 

tous les matins je dois

recomposer un homme 

avec tout ce mélange

de mes jours précédents

et le peu qui me reste

de mes jours à venir. 

Me voici tout entier,

je vais vers la fenêtre.

Lumière de ce jour,

je viens du fond des temps,

respecte avec douceur

mes minutes obscures,

épargne encore un peu

ce que j’ai de nocturne,

d’étoile en dedans

et de prêt à mourir

sous le soleil montant 

qui ne sait que grandir.

 

Jules Supervielle ( 1884-1960 ) – La Fable du Monde  ( 1938 )

4 réflexions au sujet de « Encore frissonnant….( Jules Supervielle ) »

  1. C’est beau cette idée de se recomposer chaque matin ! Un magnifique poème qui restitue sa grandeur à l’homme et qui souffle l’espoir, quel que soit le temps qu’il lui reste. Merci pour ce partage.
    Je viens de rajouter la version musiquée à mon dernier texte. Si tu veux l’entendre (Milady a une belle voix), tu peux repasser sur ma page. À bientôt. Erin

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